Les Congrès triennaux

Depuis près d’un demi-siècle, la Fraternité orthodoxe propose aux fidèles et aux pasteurs de se rassembler lors de congrès triennaux qui constituent une occasion privilégiée de rencontre, de réflexion et de prière unissant les orthodoxes d’Occident.

Nous croyons, en effet, que la rencontre d’orthodoxes de traditions et d’obédiences différentes favorise, par l’échange des cultures et des expériences, un enrichissement essentiel qui permet de découvrir la possibilité d’un témoignage qui dépasse les limites ethniques et les échéances historiques auxquelles sont confrontées les émigrations dont est issue, aujourd’hui encore, la majorité des orthodoxes.

Temps forts de réflexions, de prières liturgiques, et de communion eucharistique, ouverts à tous, ces Congrès sont l’une des rares occasions de manifester concrètement l’unité de l’Église orthodoxe, aussi bien entre ses différentes composantes ethniques qu’entre les fidèles et les évêques. Ce sont des événements spirituels et ecclésiaux d’une grande richesse où se perçoit la réalité de l’orthodoxie en marche vers son unité.

Les Congrès sont centrés autour de la liturgie eucharistique, prolongée et préparée par d’autres célébrations liturgiques, par des conférences, des ateliers de réflexion, des discussions et des moments de convivialité chaleureuse.

Les actes de ces Congrès sont publiés dans la revue Contacts.

La Fraternité favorise également des rassemblements au niveau régional, ainsi que des journées de réflexion.

Thèmes des différents Congrès, les liens conduisent à un compte rendu succinct :

Une vision au service de l’Église

Les membres de la Fraternité orthodoxe ont activement soutenu l’initiative des évêques orthodoxes en France de se regrouper en un organe de concertation unique, devenu l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France. Cette initiative a, par la suite, été approuvée par l’ensemble des Église orthodoxes et mise en place en diverses régions du monde. Il y a l’espoir que ces assemblées épiscopales puissent, dans l’avenir, jouir de suffisamment d’autonomie vis-à-vis des Églises régionales d’origine pour qu’une orthodoxie locale puisse s’organiser avec davantage d’unité. Cette unité, ancrée dans les éléments fondamentaux de la foi orthodoxe susciterait un plus grand dialogue de l’orthodoxie non seulement avec les autres Églises chrétiennes, mais aussi avec les cultures et sociétés sécularisées d’Europe occidentale.

Durant la seconde moitié du 20e s., les membres de la Fraternité ont suivi avec une attention active le processus préconciliaire qui s’est développé dans le monde orthodoxe. Ce processus, qui a permis la tenue du Concile de Crète en 2016, témoigne que malgré les tensions et les replis, les Églises orthodoxes restent soucieuses de témoigner d’une universalité de l’orthodoxie. La Fraternité souhaite humblement soutenir cet effort, animée de la conviction qu’une organisation durable et unifiée de l’Église orthodoxe en Occident ne pourra se faire sans que l’orthodoxie apporte une réponse originale et créatrice aux questions existentielles qui accompagnent l’essor de la modernité et de la postmodernité.

Fonctionnement de la Fraternité

Rejoindre ou quitter la Fraternité est entièrement libre, il n’existe pas d’affiliation formelle ni de cotisation obligatoire. Les membres sont tous ceux qui collaborent aux activités de la Fraternité et les soutiennent comme ils le souhaitent, selon leurs compétences et disponibilités.

Le Conseil se réunit de façon annuelle, il est ouvert à tous ceux qui partagent ses objectifs de service et de témoignage. On y discute des grandes orientations de la Fraternité et de toutes ses activités. Il est appelée à réfléchir sur les orientations concernant l’avenir.

Le Bureau se réunit chaque fois que cela est nécessaire pour délibérer sur les orientations de la Fraternité et sanctionner la gestion passée. Il se compose des responsables des services et mouvements et de l’instance exécutive qui assure le fonctionnement de la Fraternité autour du Secrétaire général.

Actuellement le Conseil de la Fraternité est coordonné par le Secrétaire général Daniel Lossky.

La personnalité morale de la Fraternité orthodoxe est représentée par une association loi 1901, W922001002siège social : 21 rue Malakoff — 92600 Asnières-sur-Seine.

Statut canonique

La Fraternité rassemble les fidèles (clercs et laïcs) souhaitant se mettre au service de l’Église, elle se place donc sous l’autorité de tous les évêques canoniques orthodoxes présents ou représentés en Europe occidentale.

La Fraternité se considère comme un instrument provisoire permettant l’implantation en Europe occidentale d’une vie ecclésiale unifiée, cette unité étant sanctionnée par une structure ecclésiale unifiée au service de tous les fidèles orthodoxes.

Ses membres participent à la vie des diocèses et des paroisses où ils sont engagés et s’efforcent simultanément de remédier aux inconvénients qu’entraîne la multiplicité de juridictions. Ils sont au service de leurs évêques respectifs et, s’il y a lieu, des Assemblées épiscopales locales.

Ils sollicitent de la part des évêques et de leur primat, critiques, conseils et impulsions. Les évêques en charge pastorale de fidèles en Europe occidentale sont respectueusement invités à bénir les activités de la Fraternité et à participer aux réunions du Conseil. Ils sont chaleureusement conviés à venir présider collégialement les Congrès.

Les origines de la Fraternité

L’ébullition intellectuelle des dernières décennies de l’Empire russe a initié une rencontre féconde entre la foi orthodoxe et la pensée moderne. Ainsi, dès la fin des années 1920, lors de la première émigration russe, une orthodoxie ouverte à l’Occident a commencé à voir le jour à Paris, autour de personnalités comme le Père Lev Gillet, Élisabeth Behr-Sigel, Eugraph Kovalevsky, Vladimir Lossky,…

Cette impulsion reprend après la Seconde Guerre, lorsque les descendants d’émigrés s’installent définitivement dans leur pays d’arrivée. Dès les années 1950, plusieurs initiatives d’expression occidentale de l’orthodoxie se développent. Dans ce contexte, un petit groupe, favorisé par le charisme d’Olivier Clément, se forme autour de la revue Contacts, publication francophone de théologie et de spiritualité orthodoxes.

Dans les années 1960, se construit un réseau d’amitié spirituelle étendu sur plusieurs pays européens. On y retrouvent divers personnalités telles que le Métropolite Antoine Bloom, le Père Boris Bobrinskoy, le Père Cyrille Argenti, Élisabeth Behr-Sigel, le Père Ignace Pekstadt, Jean Tchekan, le Père Lev Gillet, le Père Michel Evdokimov, Nicolas Lossky, Paul Evdokimov,…

Cela conduit à la formation d’une « Fraternité parisienne » ainsi que d’un « comité de coordination de la jeunesse orthodoxe ». Ces deux initiatives ont permis qu’en 1971 se réunisse, pour la première fois, un congrès de la jeunesse orthodoxe rassemblant plus de 300 orthodoxes de diverses origines, issus de juridictions différentes, tous animés par le souci d’une expression unifiée de l’orthodoxie en Europe occidentale. Pour continuer sa mission, la Fraternité orthodoxe a ensuite adopté, en 1975, la forme d’une association de droit français, régie par la loi 1901.

Quelques documents essentiels :

Qu’est-ce que la Fraternité ?

La Fraternité orthodoxe rassemble des personnes ou des groupements qui désirent se mettre au service de l’unité et du témoignage de l’Église en Europe occidentale. Elle se veut un espace de dialogue et d’amitié où chacun peut approfondir sa foi en cherchant à mieux se connaître, malgré les barrières juridictionnelles, ethniques, linguistiques, culturelles,…

Dans ce but, la Fraternité organise des événements qui permettent de rassembler, autour de leur foi commune, les orthodoxes de toutes origines, dispersés  dans les différents pays d’Europe de l’Ouest. Il s’agit des Congrès triennaux qui se tiennent depuis une cinquantaine d’année et des rencontres   organisées à une échelle plus locale, notamment par les Fraternités régionales. Pour en savoir plus sur les Congrès

Grâce à l’engagement bénévole de ses membres, la Fraternité a également mis en place divers services visant à valoriser une orthodoxie ouverte sur la société occidentale. Pour en savoir plus sur les services

Téléchargez ic une plaquette de présentation (pdf)

L’orthodoxie en Occident

La présence des chrétiens orthodoxes en Europe de l’Ouest est principalement due à différentes vagues migratoires qui se succèdent depuis le début du 20e siècle. Le paysage orthodoxe y est assez contrasté, il est constitué :

      • d’émigrés de confession orthodoxe (Bulgares, Chypriotes, Géorgiens, Grecs, Libanais, Moldaves, Palestiniens, Roumains, Russes, Serbes, Syriens, Ukrainiens,…);
      • de descendants d’immigrés qui, tout en s’étant assimilés à leur pays d’installation, ont conservé la foi orthodoxe ;
      • de tous ceux qui sont venus à l’orthodoxie, indépendamment de leurs origines ethniques.

Cette diversité est un immense potentiel de richesse, elle peut se révéler une véritable expérience de communion dans l’altérité. En pratique, cependant, les communautés orthodoxes en Occident se développent souvent en parallèle les unes des autres. Il n’est pas rare qu’elles s’organisent en vue de préserver leur identité ethnique d’origine, sans nécessairement chercher à s’ouvrir à la société occidentale. Aujourd’hui, en Europe de l’Ouest, l’organisation administrative de l’Église orthodoxe n’est donc pas encore unifiée, de plus, elle reste rattachée à des centres ecclésiastiques situés à l’étranger.
Ce manque d’unité est malheureusement aggravé lorsque des tensions surgissent entre les Églises régionales, comme c’est le cas aujourd’hui suite à la rupture de communion du patriarcat de Moscou avec plusieurs Églises orthodoxes.

Carte de la répartition géographique des principales juridictions ecclésiastiques orthodoxes

La foi orthodoxe

Pour une présentation plus détaillée, vous pouvez télécharger ici une petite présentation de l’orthodoxie (pdf)

La foi orthodoxe s’enracine dans le patrimoine commun de l’ensemble des chrétiens, elle repose sur la vie, l’œuvre et l’enseignement de Jésus-Christ, Dieu incarné venu sauver le monde. L’orthodoxie n’est donc pas étrangère au christianisme historique, catholique ou réformé, existant en Occident.

À l’échelle mondiale, le monde orthodoxe est constitué d’un ensemble d’Églises régionales qui, tout en jouissant d’une large indépendance administrative, se reconnaissent mutuellement et sont unies par leur foi commune. Du fait de l’Histoire, les centres de ces Églises régionales (certains sont appelés patriarcats) sont établis entre les Balkans, l’Europe de l’Est et le Proche-Orient.

Que veut dire orthodoxe ?

Avant de devenir une dénomination confessionnelle, l’adjectif orthodoxe désigne l’opinion juste. Dès les premiers siècles du christianisme, l’Église qualifie d’orthodoxe ce qu’elle considère comme conforme à la foi reçue des apôtres. [Lire la suite…]